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Interview de Nicolas Greppo, chasseur de tête en data science et fondateur du cabinet de conseil "Silicon Executive Search"

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Retransription écrite de l'interview :

Bonjour ! Bienvenue dans Allo Mission, la chaîne du travail indépendant en mode mission. Aujourd'hui, je rencontre Nicolas Greppo, spécialiste du recrutement de Data Scientist.

Bonjour, Daniel.

Est-ce que tu peux te présenter Nicolas ?

Comme tu as dit, je suis le fondateur d'un cabinet de chasseurs de têtes qui s'appelle « Silicone Executive Search », qui est 100% dédié au Data Scientist. Et puis avant de créer mon cabinet de chasseurs de têtes, j'ai 10 ans d'expérience, j'ai travaillé dans trois entreprises, trois pays. Je suis passé par Paris, Dublin et Dubaï. J'ai principalement fait du conseil en ingénierie, du conseil en recrutement. Et à un moment donné, le virus de l’entrepreneuriat m'a piqué, et donc il y a bientôt deux ans, j'ai créé mon propre cabinet de chasse de têtes basé à Paris et ultra spécialisé dans le domaine de la Data Science.

Alors tu as des conseils spécifiques pour l'entretien, quels sont-ils ?

Alors, je pense qu'il y a quatre règles d'or dans un entretien. La première, c'est qu'il faut absolument prendre des notes, parce que souvent je vois des candidats qui me disent ; « Moi c'est bon, j'ai une super bonne mémoire, je ne prends pas de notes ». Mais prendre des notes, c'est un signe non verbal d'intérêt, et inversement si on ne prend pas de notes, la personne en face peut se demander si on est vraiment intéressé. J'ai déjà eu le cas, des clients qui me disent « Mais attendez, le candidat il a pris aucune note, je me demande vraiment s’il est motivé, s’il était vraiment sérieux pendant l'entretien ». Donc, vraiment la prochaine fois que vous allez en entretien, n'oubliez pas votre stylo et votre papier, c'est super important. Et quand on prend des notes, il ne faut pas oublier de garder un eye contact pour rester dans un dialogue, dans une interaction parce qu’on est en entretien. Deuxièmement, c'est très important de poser des questions proactivement, et de poser les bonnes questions à la bonne personne et au bon moment. Si on est avec un opérationnel, poser des questions qui sont plus sur la stratégie et la technique etc. Quand on est avec une personne des ressources humaines, plus parler de la culture d'entreprise, des perspectives de formation, d'évolution, et puis garder les questions je dirais financières plutôt pour la fin.

Tu as des idées de deux, trois questions comme ça qu'un candidat peut poser ?

Je pense que les questions comme : « Quels sont vos enjeux ? Qu'est-ce que vous attendez d'un candidat ? Quelle est votre vision pour l'entreprise ? Qu'est-ce qui fait que vous aimez travailler dans cette entreprise ? » Des questions qui se tournent vers la personne à qui on parle. On peut les poser ce sera toujours intéressant et ça intéressera toujours la personne. Troisième règle d'or pour moi, c'est d'être enthousiaste et motivé, parce qu’entre deux candidats qui ont le même niveau technique, c'est garanti, c'est celui qui a le plus d’enthousiasme et de motivation qui va être retenu. Alors pour ça, il y a deux conseils que je donne. Le premier, c’est juste avant l'entretien, penser à quelque chose qui nous passionne, qui nous intéresse ou un bon souvenir, pour être dans un état émotionnel positif pendant tout l'entretien. Puis à la fin de l'entretien, si on l'a aimé, c'est important de le dire. Donc, c’est très simple, c’est regarder la personne à qui on a eu l’entretien dans les yeux, dire merci beaucoup, j'ai adoré notre entretien, je suis très intéressé par ce poste, ça peut être le projet d'entreprise, ça peut être les personnes avec qui je vais travailler, il y a plein de choses qui peuvent faire qu’on est motivé, mais c'est important de le dire. Et quatrièmement, c'est très important d'être synthétique, et rentrer dans un dialogue et pas du tout dans un monologue. Donc, pour ça il y a des techniques, le grand classique ; « Parlez-moi de votre parcours, parlez-moi de vous ». Là en gros, il faut faire un elevator pitch, il faut présenter tout son parcours.

Alors, justement comment on fait un elevator pitch ?

Alors, il n'y a pas une seule manière de faire un elevator pitch. Maintenant celle-là, ce que je peux vous garantir, c'est qu’elle marche. Alors, comment je vous conseille de structurer votre elevator pitch ? Trois parties, la première partie c'est la formation. Donc, la formation c'est-à-dire rappeler l'université et l'école qu'on a fait, qu'est ce qui est en lien avec le métier pour lequel on est là on est en entretien aujourd'hui dans cette formation, et puis tout ce qui est un peu exceptionnel c'est à dire si on a été major de promo à un moment donné etc c’est le moment de le dire. Donc, il suffit de 15 secondes pour cette première partie qui est la partie formation. Deuxième partie, c'est l'expérience. Donc, là il ne faut surtout pas rentrer dans le détail, ça peut être tentant à ce moment-là, mais il faut juste dire combien d'années d'expériences on a, dans quelles entreprises on a travaillé, et quel poste on a eu éventuellement s’il y a une promotion à un moment donné, le mettre en avant à ce moment-là, mais ça suffit, ce n'est pas la peine d'en dire plus. Donc, là aussi 15 secondes, ça suffit pour cette deuxième partie. Donc, on a 15 secondes de formation, 15 secondes d'expérience, il reste 30 secondes pour tenir moins d’une minute. Ces 30 secondes, c'est la troisième partie, c'est la plus importante, c'est nos réalisations c'est à dire prendre un ou deux projets majeurs sur lesquels on a travaillé, expliquer très rapidement ce qu'on a fait comment on l'a fait, et quel impact ça a eu, quel résultat quantifié avec des chiffres au plus possible sur ce qu'on a réalisé. Il faut s'entraîner à répondre en moins d'une minute à chacune de ces questions. Ce n’est pas du tout naturel, il faut s'entraîner. Je dirais que la première chose à faire, c'est qu’il faut répéter des dizaines et centaines de fois s'il faut, devant sa caméra, devant son miroir, devant ses amis, mais il faut absolument travailler. 80 % du succès d'un entretien, c'est dans la préparation.

Donc, il ne faut pas non plus certainement se mettre une pression énorme si on dépasse la minute. Si c’est deux minutes, pour un consultant à priori, ça devrait aller quand même non ?

Exactement. Ce n'est pas grave du tout. L'idée, c'est de se mettre dans des conditions un peu extrêmes quand on répète chez soi, parce que forcément, justement en entretien, on est dans une situation qui est plus ou moins stressante, qui est plus ou moins inhabituelle, donc on va forcément en général dépasser la minute, mais ce n'est pas grave, parce que comme on a répété, qu’on s'est entraîné, et ben on va être beaucoup plus percutant, beaucoup plus convaincant, et en général on ne va pas dépasser les deux minutes, ce qui est parfait.

Est-ce que tu peux nous parler de ton activité ?

Tout simplement, je suis chasseur de têtes, et je suis 100% dédié à la Data Science. Donc, je travaille avec les meilleurs Data Scientist de la région parisienne. Je les mets en relation avec les grands groupes, PME, Start-Up qui ont les projets les plus intéressants en Data Science, donc dans des secteurs aussi variés que la banque, les télécoms ou les nouvelles technologies.

Alors c'est quoi la Data Science ?

Déjà Data Scientist, c'est le métier qui est lié à la Data Science. C'est la Harvard Business Review qui l’a dit, c'est le métier le plus sexy du 21e siècle. Alors, c'est des gens qui ont des compétences fortes en mathématiques, en informatique, et qui sont capables à travers certains outils et certains algorithmes de prédire le futur, donc par exemple faire de la maintenance prédictive pour les avions, de prévoir quel produit va t'intéresser quand tu es sur un site e-commerce. C'est une vraie révolution. Ils sont au cœur de cette révolution-là. La raison pour laquelle j'ai créé le cabinet, c’est pour faire partie de ce mouvement, et parce qu’aujourd'hui il y a une très forte demande des entreprises dans ce domaine.

Et quelles sont les compétences clés pour un Data Scientist ?

Alors, c'est vraiment les mathématiques, l'informatique, et puis la communication, la compréhension du métier. Au niveau personnel, c'est vraiment la capacité à bien communiquer, à pouvoir vulgariser des choses qui sont complexes, et puis à rentrer dans les détails de problématiques métier.